Prière du lundi 8 juin 2026

Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson
Jésus est le Pain vivant.
Mystère qui me rejoint à chaque eucharistie, dans ce moment inouï où il m’est donné de manger mon Seigneur !
C’est à la fois un symbole qui nourrit mes réflexions autour de l’Eucharistie, mais surtout un acte de foi, un geste qui me met au contact de Dieu.
Cela me touche d’autant plus que la messe du dimanche soir à laquelle je participe est précédée d’un temps d’adoration : Jésus est présent dans son Hostie et nous n’avons de cesse de faire mémoire de l’offrande initiale qu’il a faite de sa vie, de son corps pour nous, nous qui sommes l’humanité passée, actuelle et à venir.
Quel Dieu est le nôtre, un Dieu qui donne sa chair à manger, mais aussi qui par la suite va se laisser mettre à mort, crucifier sur une croix, symbole d’infamie ! Deux représentations scandaleuses qui le seront pour longtemps à travers l’histoire, mais quelle puissance dans la symbolique, quel retournement. Ce n’est pas le Dieu tout-puissant qui s’affiche ici, c’est la petitesse, la faiblesse, l’échec même qui sont présentés et vont devenir germe de vie et puissance d’amour.
« Moi, je suis le Pain vivant », déclare Jésus dans ce passage d’évangile, et moi qui pétris mon pain et entretient un levain depuis près de 6 ans, je suis bien conscient de la puissance du levain, sa puissance de vie, de croissance. Dans ce passage, Jésus revendique à la fois la nourriture physique du pain et du vin et leur portée spirituelle, avec l’ambiguïté d’une nourriture spirituelle qui s’ancre dans un corps bien réel. Cette nourriture ne fait pas que sustenter l’organisme, elle nourrit le corps et l’esprit et devient même un acte d’alliance.
Alors que nous venons de vivre la solennité de la Sainte Trinité, dimanche dernier, ce passage d’évangile nous invite à nous relier toujours plus au Père, au Fils, à l’Esprit, à travers le partage du pain consacré, moment d’alliance et de foi. J’y vois comme une invitation à laisser agir l’Esprit dans toute rencontre, dans toute relation, à laisser plus de place au levain de son amour, et à toujours laisser grande la place au Christ même et surtout dans nos relations affectives.
Que le Christ en moi rencontre alors le Christ en toi, pain vivant qui se donne en partage.
Ludovic
