“Les
filles ne m’attirent pas et la beauté de certains amis me
fascine.
Je crains d’être homosexuel et condamné par l’Eglise
» ( Jonathan 19 ans)
(article
paru dans Panorama)
Cher
Jonathan,
Comment peux-tu dire cela, Jonathan ?
Certes, notre Eglise tient à rappeler avec force à notre
société -- qui a souvent tendance aujourd'hui à
tout mettre sur le même plan au risque de nier toute différence
--` qu'homosexualité et hétérosexualité ne
peuvent avoir la même signification d’un point de vue éthique.
Mais ce faisant, elle ne veut bien sûr condamner personne. D’ailleurs,
selon l'esprit de l'Evangile, seule peut être répréhensible
une décision prise intentionnellement.
Dans ce que tu exprimes, tel n’est pas ton cas. Le constat que tu
as le courage d'effectuer -- car combien il est important de s’accepter
soi-même -- n'est pas le fruit d’une décision que tu
aurais prise, mais semble s'imposer à toi et est générateur
d'un grand trouble.
En te lisant, je songe à des jeunes de ton âge qui se découvrent
homosexuels et parfois refusent de l’admettre, n’osant le
dire a leurs parents de peur de les décevoir et n'osant s’en
ouvrir à un ami de peur que leur secret ne soit divulgué
et qu’ils deviennent la risée de tous.
Le poids du silence est parfois un tel calvaire qu’il arrive à
certains de penser au suicide. Et ma mission de prêtre consiste
a leur rappeler que Jésus les aime comme ils sont.
Oui, Jonathan, quelle que soit ton orientation sexuelle, tu es appelé
à vivre. Tu es appelé a aimer : Et Dieu est toujours présent
dans le cœur de ceux qui aiment. Le plus grand commandement, c’est
celui de I’Amour...
Seulement, n'oublie pas qu'amour et respect vont de paire. Une relation
ne peut être l’expression de l'amour que si elle est fondée sur un véritable respect
de l'autre.
Bonne route, mon cher Jonathan, et continue de grandir dans l'amour .
Jean Marie Peticlerc
PRETRE, -
EDUCATEUR
Et pourtant… Maxence, tu es beau aux
yeux de Dieu comme aucun des enfants des hommes. Comme chaque être
humain, tu es un être unique, et Dieu ne regarde pas d’abord
ton orientation sexuelle, il regarde “Maxence”, dans sa globalité,
avec toutes ses richesses, ses capacités, ses potentialités,
ses qualités humaines et de coeur. L’amour de Dieu est pour
tous. Il fait briller Son soleil sur les hétérosexuels comme
sur les homosexuels. Il a même une préférence pour
ceux qui sont en marge, qui sont exclus par les autres. Jésus se
plaisait à rejoindre les petits, les pauvres, les pécheurs,
les hors normes.
Et puis, disons-le, ce n’est pas parce
qu’un garçon ou une fille sont homosexuels qu’ils sont
ipso facto des vicieux, des pervers. Ils ne sont pas forcément
plus dépravés que ceux qui sont gratifiés d’une
sexualité hétérosexuelle. Cette dernière norme
n’est pas, d’ailleurs, la garantie d’une vie sexuelle
vécue d’une manière irréprochable. On peut
devenir un saint tout en étant homosexuel, comme on peut être
un monstre en étant hétérosexuel. Un père
qui rejette son fils homosexuel est-il plus grand que celui qu’il
rejette ? Ce père a peut-être des pratiques sexuelles exemplaires,
dans les normes, mais en revanche, son attitude de cœur vis-à-vis
de son fils est en dehors des normes, et en dehors des règles de
la charité.
Et puis, es-tu sûr d’être
définitivement homo ? C’est vrai que tu as dépassé
l’âge où l’on ne sait pas très bien si
on est attiré par les garçons ou par les filles, mais tu
es jeune encore, bien qu’ayant dépassé ta majorité,
et il est possible que tu ne sois pas complètement construit, et
que tu puisses encore accéder à la différence, qui
te fera désirer les femmes. La maturité vient plus tard
de nos jours. – Attention, je ne parle pas de guérison, à
laquelle je ne crois pas : il est vain de passer sa vie en croyant qu’un
jour on guérira, l’homosexualité n’est pas une
maladie, pas plus qu’elle n’est une tare – Mais s’il
s’avère que tu es réellement homosexuel, homosexuel
tu resteras. Alors, vis ta vie, bâtis ton avenir, et n’attends
pas d’être autrement, sinon tes vieux jours arriveront et
tu n’auras rien construit par ton existence. Tu auras attendu d’être
un autre, et cet autre, tu ne l’auras jamais vu venir à l’horizon
! Ta bouche sera desséchée, tes bras seront décharnés,
ton cœur sera rempli d’amertume, un cœur que tu auras
toujours bridé, et qui n’aura jamais osé aimer.
[1] Maxence est un prénom fictif
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