Lorsque notre plus jeune fils nous a confié son homosexualité (Témoignage de Bruno)
Je crois le miracle possible, mais j’ai appris en lisant et en écoutant des témoignages que je devais prendre du recul par rapport à cette attente. Le dessein de Dieu vis-à-vis de mon fils, c’est peut-être qu’il ne change pas. J’étais moi-même dans l’ignorance de sa situation et désorienté. Comme père, je souhaite que mon fils conserve cette possibilité de répondre à une vocation qui nous est à tous commune, et qu’il soit certain d’être, comme tous et autant que tous, invité et attendu par le Christ. Or je sentais bien qu’il n’arrivait plus à concilier sa personnalité et son éducation religieuse. Il avait donc choisi de survivre en rejetant cette éducation comme injuste et sclérosée. Actuellement, mon premier souci est qu’il ne se sente pas définitivement rejeté par l’Église catholique et qu’il puisse continuer à progresser sur le plan spirituel en bénéficiant de la communion en Église que nous ressentons comme vitale pour nous-mêmes, nous ses parents. Comment répondre en effet à cette vocation de chercheur de Dieu si l’accès principal à la connaissance du Christ ne vous est pas ouvert où si l’accueil qui vous y est réservé vous dissuade de continuer votre chemin ? Mes premières investigations m’ont guidé vers un prêtre, puis un autre, vers des psychologues catholiques ou non qui m’ont apporté des éléments. Mais au cours de ces rencontres j’ai constaté un certain désarroi, une ignorance avouée avec humilité, surtout par les prêtres que j’ai rencontrés. Je me suis rendu compte que mon fils faisait partie d’une minorité délaissée sinon occultée par l’Église, que cette minorité faisait peur. Je n’en ai pas gardé de ressentiment car je reconnaissais en moi-même qu’avant d’être directement concerné j’étais indifférent à la cause. Puis de fil en aiguille, grâce à la Providence, j’ai eu vent de « Devenir Un En Christ ». Marcel m’a répondu au téléphone et m’a guidé vers Claude et Brigitte. Merci à eux, ils m’ont ouvert des chemins. Ils m’ont écouté, proposé la lecture de quelques feuilles essentielles. Le samedi, nous étions entre parents et nous avons échangé sur nos enfants. La plupart connaissaient l’homosexualité de leur enfant depuis beaucoup plus longtemps que moi. Il se dégageait de ces échanges une solidarité et une simplicité qui m’ont beaucoup touché et qui m’ont aidé à prendre du recul sur ma situation personnelle pour être à l’écoute de celle des autres. Le dimanche, quelques enfants sont venus nous rejoindre. J’ai beaucoup reçu de leurs témoignages. J’ai écouté la souffrance de certains, les plaisanteries joyeuses des autres. J’ai compris que le cas de chacun était unique. J’ai enfin admiré le charisme de ceux qui animaient notre prière commune : je retrouvais en eux l’Église, je comprenais ce que pouvait signifier « Devenir Un En Christ ». A leur éclairage j’apercevais les sentiers sur lesquels mon fils pourrait choisir de s’engager ». Bruno
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