LA VOCATION DE DEVENIR UN EN CHRIST

 


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Plan :
Concilier foi et homosexualité ?
Libérer la parole
Le temps du partage et de la relecture
Ecouter la Parole
Gagner en liberté
Vivre des sacrements et de la prière
Devenir un
Une diversité de situations
Se remettre en route
Témoigner
L'homosexualité, lieu de grâce ?
Annexe : le récit des pèlerins d'Emmaüs (Luc 24, 13-35)
emmaus


À la lumière de la Résurrection

 

Toute vie chrétienne trouve son origine dans la rencontre avec le Christ ressuscité. La Résurrection est le lieu de toutes nos naissances. Au fondement de la démarche de « Devenir Un En Christ », il y a la Résurrection, le passage de la mort à la vie. Toute la mission de l’association peut se comprendre à cette lumière et se lire dans l’épisode des pèlerins d’Emmaüs (Luc 24, 13-35 – texte en annexe).

 

Concilier foi et homosexualité ?

Au commencement du récit d’Emmaüs, il y a une immense déception pour les deux disciples qui quittent Jérusalem, lieu de la mort du Christ. Leurs attentes ont été trompées : ils avaient mis leur foi en Jésus, et le voilà crucifié, mort, enseveli. Qu’est devenue leur espérance ? Cette déception est aussi leur propre échec. Ils s’en retournent chez eux. Sur leur visage sombre se lit leur incompréhension : il est pour eux impossible de concevoir ensemble le Messie libérateur et le Messie souffrant. Humanité et foi semblent se contredire. Leurs yeux se ferment. Leur espérance est perdue. (Lire)

Toute vie est traversée par des moments de doute, de remise en cause, de désespoir. C’est souvent l’expérience, à un moment de leur vie, des personnes homosexuelles. Les questions peuvent être alors radicales : suis-je toujours aimé de Dieu ? Puis-je vivre ma vie ? Quel avenir pour moi ? Dois-je rester chrétien ? Dois-je me révolter contre l’Église, contre Dieu ? Dois-je vivre ma foi avec ou sans l’Église ?

Il y a aussi les interrogationsqui surgissent au niveau de la famille : parents qui apprennent qu’un de leurs enfants est homosexuel, couples mariés  dont l’un des conjoints est concerné par l’homosexualité, proches qui ne comprennent pas. De même des pasteurs et des accompagnateurs cherchent quelle est l’attitude la plus ajustée vis-à-vis des personnes homosexuelles.

Au départ, il y a souvent d’un côté l’homosexualité, non choisie, et d’un autre côté la « Loi », le discours de l’Église. Entre les deux se noue une tension qui peut être vécue soit comme une de ces contradictions auxquelles la vie et la foi sont confrontées, mais qui, la difficulté passée, font grandir, soit comme une difficulté majeure de l’existence, empêchant un réel épanouissement ou laissant dans une insatisfaction foncière. Celle-ci peut se manifester par une certaine tristesse, ou bien par des désirs compulsifs très difficiles à maîtriser. La tension peut encore générer de la révolte et le sentiment d’être victime, injustement rejeté par l’Église, jugé par l’Écriture, incompris par la société.

Tel est le point de départ… le concret de la vie de chacun.

 

Libérer la parole

Sur leur route de déception, de difficulté, voire de désespoir, Jésus vient marcher avec les deux disciples. Dans leur aveuglement sur les événements qu’ils viennent de vivre, ils ne le reconnaissent pas. Sans rien dire d’abord, Jésus fait simplement route avec eux, il se contente de rejoindre les deux hommes dans leurs doutes, leurs hésitations, leurs questions. Ils ont besoin de « vider leur sac », d’exprimer le poids de leur cœur, leur souffrance. (Lire)

Jésus vient prendre les chemins de tous les hommes, quelle que soit leur vie. Il s’intéresse à chaque situation humaine. br>Et la rencontre peut se faire hors des sentiers battus, même quand on est, d’une façon ou d’une autre, un « hors-la-loi ».

Vivre sa vie dans l’Esprit de Dieu, c’est d’abord accueillir son humanité, avec tout ce qu’elle comporte : les joies et les réussites, les souffrances et les zones d’ombres. Il s’agit en particulier d’accueillir son homosexualité ou celle de son enfant, de son conjoint. Celle-ci n’est pas un choix, mais une donnée : imposée, elle dépasse et déborde souvent celui qui la découvre. Elle peut être un poids lourd à porter, un secret profondément enfoui, parfois depuis des années.

Pour avancer, il est alors important de trouver un lieu de liberté et de paix, où l’on peut être soi, sans avoir besoin de porter un masque, sans se sentir jugé, et où l’on peut se poser, prendre le temps, réfléchir avec d’autres qui ont en commun des expériences proches.

 

Le temps du partage et de la relecture

            À l’invitation de Jésus, les disciples racontent ce qu’ils ont vécu et relisent les événements des derniers jours. (Lire)

Depuis les origines, les chrétiens ont vécu le partage entre eux comme un moyen de se mettre à l’écoute du Seigneur : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18, 20). Il permet de travailler à l’appel du Seigneur : « Avance en eau profonde » (Luc 5, 4), qui signifie : « Creuse en toi ce qui est essentiel, fais fructifier ce que tu as reçu, cherche le chemin auquel tu es appelé. »

Dans le partage, personne n’est chargé de trouver une solution pour un autre ; personne ne doit même porter les problèmes d’un autre ; personne n’abdique non plus sa liberté. Mais découvrir que d’autres font face à des questions proches de celles que l’on porte peut être libérateur. Ce que dit l’un sur ce qu’il vit à un moment précis peut aider un autre à comprendre quelque chose de sa propre vie.

À côté de ce « travail de la foi », d’écoute et de discernement, un travail psychologique peut être nécessaire. Il n’y a pas de contradiction entre un cheminement spirituel et une thérapie : les deux approches peuvent être complémentaires. Mais l’association n’a pas, en la matière, de compétence.

 

Écouter la Parole

Si la parole humaine est indispensable, le cœur de l’homme a aussi besoin de la Parole de Dieu. Reprenant l’initiative, le Christ parcourt l’Écriture avec les deux disciples. D’un coup, les contradictions apparentes s’éclairent : la logique de Dieu n’est pas celle des hommes. Les disciples se trouvent confrontés à la Parole et à la tradition, et celles-ci ne sont plus incompatibles avec ce qu’ils ont vu des événements. (Lire)

« Devenir Un En Christ » est un lieu où la Parole est lue, partagée, priée. À travers sa Parole, le Christ parle au cœur de chacun, à un moment ou à un autre, selon des modalités différentes, et sa Parole est une lumière qui éclaire peu à peu ceux qui l’accueillent. Elle est un point d’ancrage, une source vivifiante à laquelle on peut venir sans cesse puiser.

Cette étape de la Parole partagée avec le Christ et avec des frères et des sœurs est toujours à reprendre, à continuer, à approfondir, où que l’on en soit dans son cheminement.

 

Gagner en liberté

Les deux disciples sont arrivés au terme de leur route, et Jésus fait semblant d’aller plus loin. Le Christ laisse toujours l’homme libre de poursuivre le chemin avec lui. Il laisse toujours à l’homme la possibilité de lui dire : « Reste avec nous. » (lire)

Marcher à la suite du Christ suppose un engagement, fondé à la fois sur l’expérience de l’amour personnel de Dieu et sur la liberté de celui qui s’engage.

Faire route ne veut pas dire entrer dans un programme préétabli, ou se laisser conduire là où on ne souhaitait pas aller la veille. C’est un chemin que chacun est appelé à inventer, et qui mobilise la liberté. Car même dans les situations non-choisies – comme l’homosexualité –, une liberté reste possible, si petite soit-elle au départ. Une liberté qui se déploie et se réalise dans le temps. Une liberté à trouver dans la recherche de Dieu, de la vérité et du bien.
 

 

Vivre des sacrements et de la prière

            L’invitation des disciples à rester les fait entrer dans une intimité plus grande. Au cœur de cette intimité, le Christ se manifeste : il rompt le pain et le leur partage.

Toute vie de baptisé grandit et se nourrit, par les sacrements et la prière.

Il est toujours nécessaire de changer son regard sur Dieu, car nos images en sont imparfaites ; les sacrements aident à découvrir que Dieu n’est pas un Juge vengeur, mais un Père miséricordieux et aimant, que Jésus n’est pas venu pour condamner mais pour sauver, pour libérer l’homme, le remettre debout.

La prière est le fondement et le cœur de l’association. C’est là que se fonde l’intimité avec le Christ, là que se vit une rencontre personnelle avec lui.

Dans cette intimité, les choses sont remises à leur juste place : l’essentiel est de se laisser toucher par l’amour inconditionnel du Christ qui est offert largement et qui, lui, est premier par rapport même aux positions que peut formuler l’Église.

 

Devenir Un

C’est alors que les yeux des deux disciples s’ouvrent et qu’ils reconnaissent le Christ. Leur regard sur les événements des derniers jours a changé : désormais, ils parviennent à unifier leur vision du Messie : à la fois glorieux et souffrant. Leur attente n’était pas vaine, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit, se réalise. (lire)

Le changement vécu par les disciples dit quelque chose de ce qui est proposé par l’association : parvenir à l’unité. D’une vie au départ éclatée ou cloisonnée, avancer petit à petit vers une unification de l’être intérieur. Faire progressivement et paisiblement coïncider son identité chrétienne et son affectivité, mettre en accord toutes les composantes de son être : son corps, son cœur et son esprit. Avancer vers une acceptation de soi. Se recevoir comme un être en devenir.

Dans la contemplation du Christ, le partage avec d’autres, la relecture de sa vie, les enseignements reçus lors des week-ends de formation, les temps de retraite, du sens se fait jour : les pointillés de nos vies, bien épars jusque-là, traçaient en fait une ligne, notre cœur était brûlant sur la route où Jésus marchait à nos côtés, le chemin parcouru nous a fait passer de la mort à la vie.

L’unité s’approfondit quand on se découvre fils ou fille de Dieu. Cette identité, donnée, est première. Elle est plus fondamentale et plus essentielle que nos identités d’appartenance à une nationalité, un milieu social, une confession religieuse, ou même une orientation sexuelle.

L’association peut témoigner du chemin parcouru par beaucoup dans l’accueil de leur propre histoire, dans l’appropriation de leur vie et la réconciliation avec eux-mêmes. Le chemin n’est jamais totalement parcouru, mais il se fait néanmoins par des étapes réelles.

 

Une diversité de situations

Sur les fondements d’une relation avec le Christ, chacun apporte une réponse différente dans sa manière de vivre son homosexualité, en fonction de son histoire, de ses convictions, de ses capacités : les uns choisissent de rester continents et célibataires ; d’autres choisissent la vie en couple homosexuel ; d’autres sont mariés sacramentellement et refont chaque jour le choix de leur engagement avec leur conjoint ; d’autres ne peuvent pas continuer ce chemin-là ; d’autres sont en attente d’une relation affective et sexuelle stable et gèrent au mieux, dans cette attente, leur vie affective.

Devenir Un En Christ n’a pas de discours normatif sur les choix de vie à opérer. Non par facilité, ou parce que tout aurait même valeur, mais parce que la réponse est ici de l’ordre du discernement d’une conscience éclairée, elle est à vivre par chacun, au cœur de sa relation avec le Seigneur et en fonction de son cheminement personnel.

Devenir Un En Christ souhaite que tous ceux qui viennent à elle découvrent toujours plus profondément la valeur de l’amour, à la suite du Christ. Quelle que soit la forme que cet amour prenne dans nos vies d’hommes et de femmes, il est toujours précieux. Certes, l’amour humain est toujours limité, partiel, attendant une purification et un accomplissement futur en Dieu. Mais, dans son incomplétude, il est déjà un apprentissage de cette vie avec Dieu.

Toute forme d’amour porte une exigence de fidélité, engage à des renoncements et passe nécessairement par la croix. Cette dimension fait partie de l’amour et elle est à accueillir.

L’essentiel est d’apprendre à aimer mieux, avec plus de vérité et de justesse. Dans tout état de vie, il convient d’encourager la chasteté, selon sa définition la plus large : non pas garder la continence, mais parvenir progressivement à l’unification intérieure de son être, sans instrumentaliser l’autre. Un tel parcours ne peut se faire que graduellement, en n’exigeant pas des personnes ce qu’elles ne sont pas encore pas capables d’accomplir aujourd’hui.

Se remettre en route

Le récit ne s’arrête pas à la reconnaissance du Christ. Malgré la nuit, les disciples repartent en hâte en sens inverse : dans une démarche de conversion, ils retournent à Jérusalem proclamer la Bonne Nouvelle de la Résurrection. C’est pour eux un nouveau départ. (lire)

Le retour des disciples à Jérusalem, c’est d’abord un retour vers la communauté des apôtres. La rencontre avec le Christ ressuscité permet de mieux tenir ensemble la réalité de l’homosexualité et celle de la foi – même si le discours de l’Église reste inchangé. Alors, être dans une certaine « marge » n’empêche pas de répondre à l’appel du Seigneur et cela, en communion avec la « grande Église ». Première est la rencontre avec le Vivant. C’est elle qui introduit au cœur de l’Église.

« Devenir Un En Christ » offre des liens concrets avec l’Église : par les prêtres qui accompagnent les personnes et les groupes de partage ; par le dialogue avec des responsables ecclésiaux ; par les communautés religieuses qui portent l’association dans leurs prières ; par les évêques qui connaissent et encouragent sa mission.

L’association ne saurait remplacer la vie ecclésiale indispensable à tout baptisé. Chacun est ainsi encouragé à rejoindre sa propre communauté. D’ailleurs, l’association n’a pas sa fin en elle-même ; il peut être bon, au terme d’un cheminement, de continuer la route ailleurs, dans des engagements autres. Pour certains, « Devenir Un En Christ » continue cependant à être un lieu d’approfondissement, de ressourcement, de relecture, pour vivre concrètement leur vie dans le monde et dans l’Église.

L’enjeu du cheminement proposé par l’association est de devenir vraiment disponible aux appels de Dieu, ouvert à ce qu’il attend de chacun. Le baptême qui fait devenir enfant de Dieu est aussi un envoi au service de ses frères. Ceux qui ont reçu le baptême, quel que soit leur état de vie, sont appelés à travailler au Règne de Dieu, à s’engager pour la justice, à annoncer l’Évangile par leur vie.

 

Témoigner

Si les deux disciples vont à Jérusalem, c’est avant tout pour témoigner aux Onze qu’ils ont rencontré le Ressuscité. En retour, les apôtres leur confirment leur expérience : « C’est bien vrai ! » Le témoignage va donc dans les deux sens, et l’expérience des disciples est authentifiée parce qu’elle correspond à la propre expérience de l’Église.

Cette nécessité du témoignage à donner est aussi l’une des missions de « Devenir Un En Christ ».

Il y a d’abord à témoigner de l’espérance auprès des personnes accompagnées, par le soutien et le partage, afin que chacun puisse se sentir encouragé sur sa route.

Il y a aussi à témoigner auprès de l’Église de l’expérience acquise depuis plus de vingt-cinq ans d’existence de l’association, de l’œuvre de Dieu chez les personnes qui cheminent avec elle, des pâques qui s’opèrent parfois chez celles et ceux qui se remettent debout et s’épanouissent dans leur vie humaine et spirituelle.

Il s’agit donc aussi d’aider l’Église à découvrir une réalité souvent méconnue. Hors de tout militantisme et de toute revendication, « Devenir Un En Christ » cherche le dialogue avec les instances ecclésiales. À la fois enracinée dans l’Église et cependant sans lien organique avec elle, l’association se veut une passerelle, un pont : elle témoigne de l’amour de l’Église auprès des personnes qui s’en sentent rejetées ; elle témoigne auprès des responsables de l’Église de ce qui se vit en son sein et de ce que vivent des personnes homosexuelles et croyantes. Elle tente, dans un champ encore largement en friche, de proposer des orientations pastorales et des repères pour l’accueil et l’accompagnement des personnes concernées directement ou indirectement par l’homosexualité.

 

L’homosexualité, lieu de grâce ?

L’homosexualité est-elle un lieu de grâce ? On ne peut l’affirmer d’emblée ni de façon générale. Cela constituerait une offense pour ceux et celles qui vivent douloureusement cette part d’eux-mêmes. Mais on peut observer que, dans la vie spirituelle, les obstacles peuvent devenir des occasions décisives pour avancer vers le Seigneur. Lorsqu’elle est vécue à la lumière de Pâques, l’homosexualité permet de découvrir un visage renouvelé de Dieu : celui d’un Père qui n’est qu’amour et qui accueille avec bienveillance et miséricorde tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Cette relation nouvelle à Dieu devient chemin d’humanisation et d’amour qui amène à considérer sous un jour nouveau chacun de ses frères et sœurs.

Dans cette Bonne Nouvelle de la Résurrection naît la fécondité des personnes homosexuelles. Si elle n’est pas procréation, leur fécondité n’en est pas moins réelle et concrète. L’engagement dans une vie d’Église, l’engagement dans une relation d’amour, l’engagement auprès des autres, l’engagement dans la vie religieuse, sacerdotale, etc. sont autant de manifestations de la fécondité de celles et ceux qui, au commencement du chemin, se demandaient quel sens donner à leur vie.

Par les questions qu’elle pose à la vie de foi, l’homosexualité interroge l’Église : elle fait partie de ces défis qui, sans cesse, obligent l’humanité et l’Église à approfondir sa connaissance de l’humain. Aujourd’hui, en particulier, l’homosexualité offre l’occasion de repenser une réalité fondamentale : finalement, qu’est-ce qu’être un homme, une femme ? Et parce que le christianisme est une religion de l’Incarnation, l’humain peut toujours devenir chemin vers Dieu.


Annexe

 

Les disciples d’Emmaüs

Évangile de Luc 24, 13-35

 

24

13 Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, 14 et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. 15 Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux ; 16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. 17 Il leur dit : « Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, le visage sombre.
            18 Prenant la parole, l’un d’eux, nommé Cléophas, lui dit : « Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! » – 19 « Quoi donc ? » leur dit-il. Ils lui dirent : « Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s’est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, 20 comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. 21 Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! 22 Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S’étant rendues de grand matin au tombeau 23 et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le disent vivant. 24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ! »
            25 Alors il leur dit : « Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! 26 Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » 27 Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.
            28 Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d’aller plus loin. 29 Mais ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. » Il entra donc pour rester avec eux. 30 Et il advint, comme il était à table avec eux, qu’il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. 31 Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… mais il avait disparu de devant eux. 32 Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? »
            33 À cette même heure, ils partirent et s’en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, 34 qui dirent : « C’est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ! » 35 Et eux de raconter ce qui s’était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.

Traduction : Bible de Jérusalem.

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