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Peut-on refuser les sacrements à une personne homosexuelle ?

sacrements

 Le retable des 7 sacrements,

attribué à Rogier van der Weyden (XVe siècle)

Musée d'Anvers

 

 

Tout sacrement engage à la fois une dimension personnelle / subjective et une dimension communautaire / objective (ici : ecclésiale) : tant les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) que les sacrements « de route » (eucharistie, réconciliation, onction) ou les sacrements « d’état » (mariage, ordination).

 

Il n’y a pas de droit subjectif aux sacrements : ils sont toujours pure grâce. L’amour de Dieu révélé et manifesté en Jésus-Christ se penche, touche, choisit, investit un pauvre pécheur, le tire de sa fange, l’élève jusqu’à lui, pour lui donner, gracieusement, de participer à sa plénitude, en le configurant de jour en jour davantage, jusqu’à atteindre la perfection de la stature du Christ.

 

Il y a une manière de droit objectif aux sacrements, dont l’administration est fixée par les règles canoniques éprouvées de l’Eglise, même quand elles sont contestées aujourd’hui par certains : ainsi, par exemple, l’ordination concerne un baptisé de sexe masculin, l’onction se confère en cas de péril ou d’atteinte de santé grave, etc.

 

Il est clair que le baptême, qui ouvre la porte de la foi, suppose une conversion, soit un retournement intérieur, un détournement face au mal, au péché, de la part du candidat qui se présente. La confirmation, qui perfectionne le don de l’Esprit, suppose une réelle ouverture et disponibilité à son action, manifestée par un engagement de vie cohérent. L’eucharistie doit être reçue « en état de grâce », dans un cœur éloigné de la contamination du péché mortel (soit le péché qui est commis dans une matière grave, en pleine connaissance de cause et avec un entier consentement).

 

Dans cette optique, il existe une option dure : certains pasteurs, gardiens rigides de la loi, considèrent non pas tant les « personnes homosexuelles » que celles qui s’adonnent à la pratique « d’actes homosexuels » comme indignes des sacrements en général, à moins d’une conversion vécue sous forme d’un abandon complet, radical et définitif de ceux-ci.

 

Il existe aussi une attitude plus pastorale où, au cas par cas, le pasteur, en bon berger qui connaît ses brebis, ne peut concevoir de les laisser sans secours ou assistance : pour chacune, le Christ a livré sa vie ; il les appelle toutes au salut. Puisque les sacrements sont donnés par pure grâce à des pécheurs pour les aider à se laisser transformer par l’amour de celui qui veut les sauver, le pasteur ne peut envisager de les refuser à des personnes homosexuelles, même « pratiquantes », sans pour autant ne pas les inviter à un cheminement honnête, aux exigences réelles, sérieuses et proportionnées.

 

Subjectivement, l’amour du Christ nous atteint avant même que nous puissions en prendre la moindre conscience : il nous précède et nous sollicite ; sa charité, son amour, nous pressent. Vivre dans le désir profond du sacrement, c’est déjà participer à sa grâce propre, même si je l’ai pas encore reçu ou pu le recevoir.

 

Dans le cas de la communion eucharistique, nous faisons souvent l’expérience d’une faim, d’un désir humble et sincère : celui du mendiant qui tend la main et dont le cœur est tout à fait accordé au don de la grâce d’amour, comme une terre assoiffée en manque d’eau vive, même si, extérieurement, la faiblesse humaine semble plus forte et manifeste.

 

N’oublions jamais que Jésus est « venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » car « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » (Mc 2, 17).

 

 

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L'eucharistie, lumière pour nos vies (Patrick Lecouve)

Une bibliographie, notamment :

Approche spirituelle

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