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Retour à la page "L'homosexualité en questions"

Une préoccupation des parents :
"Notre enfant homosexuel pourra-t-il être heureux ?"

Etre aimé et pouvoir aimer, voilà les conditions du bonheur !

 

Même si les parents avaient, dès le commencement de la crise du coming-out ou après l’avoir surmontée, une attitude positive, le souci du bien-être de leurs enfants et de leur bonheur demeure. Ils savent que ceux-ci vivent dans un monde qui ne les accepte pas toujours.

Il y a déjà de beaux progrès si les multiples facettes inconnues de l’homosexualité les affectent moins, et si les offenses, les désillusions et le sentiment de culpabilité ont perdu de leur importance. Il ne reste alors plus d’autre préoccupation que celle-ci : comment les enfants, aussi bien que les parents, parviendront-ils à gérer la situation le mieux possible ?

Quand un grand nombre de préjugés, d’images déformées et de peurs disparaissent, il est possible d’évaluer et d’analyser de façon réaliste la crainte de la discrimination et la mésestime.

La compagnie de la famille

Face à l’adversité, la résistance des enfants dépend en grande partie de l’appui que leur apportent leurs parents. Une personne qui se sait soutenue par sa famille et dont les amis sont bien reçus à la maison rencontre plus d’amitiés et un milieu de vie qui la fortifie.
Etre prêt à accompagner les conséquences de l’orientation sexuelle de son fils ou de sa fille l’aide à surmonter les situations de violence. Il pourra dès lors reconnaître quelles sont les situations dangereuses qu’il vaut mieux éviter, et quelles sont celles qu’il va devoir affronter. S’il se sent assuré de l’appui de ses parents, il sera mieux armé pour faire face aux agressions.

Cet aspect est en relation avec le bonheur personnel. Or celui-ci dépend en grande partie du fait d’être aimé et capable d’aimer, et aussi d’avoir assez « d’air pour respirer », autrement dit de pouvoir développer ses qualités et ses intérêts personnels.

Les parents eux aussi peuvent en tirer profit

Les parents qui soutiennent leur enfant homosexuel peuvent, en même temps, grandir personnellement. L’exclamation : « Au secours, mon fils est homosexuel ! » oblige à aborder l’un des sujets les plus importants de notre vie : la sexualité. Non pas de façon superficielle ou sensationnelle, comme elle est si souvent traitée dans les médias, mais au niveau personnel.

Nous voyons ce thème devenir soudain très proche, si proche qu’il nous bouleverse. Notre propre développement sexuel devient conscient, les manifestations de solidarité cessent d’être des paroles creuses, la façon dont nous traitons ce qui nous est étranger est remis en question. Une minorité précise, pas trop prise au sérieux jusque là, acquiert soudain une importance nouvelle. Nous cherchons à nous informer, nous entretenons des conversations, nous nous forgeons des idées nouvelles. Nos valeurs vacillent et exigent une décision concrète. Nous donnons plus d’importance à la tolérance, à l’amour, au respect de la vie dans toute la multiplicité de ses manifestations, à la solidarité et à la vérité. Car il s’agit de personnes concrètes, du bonheur de notre propre enfant et de notre paix spirituelle. Cela demande courage, sensibilité, patience, compréhension et honnêteté. Ces qualités changent une personne et, surtout, elles lui donnent une plus grande maturité.

« Aujourd’hui, je peux dire que l’homosexualité de mon fils m’a fait beaucoup changer. Mon horizon s’est considérablement élargi. Je suis devenu plus sensible aux groupes marginaux. J’ai remarqué que les personnes homosexuelles sont très tolérantes et ouvertes. Elles m’ont ouvert des mondes entiers. Je m’étais embarquée sur ce “chariot” appelé maison, enfants, voisins : ai-je déjà fait le ménage ? Qu’est-ce que je vais faire à manger demain ? Est-ce que tous les vêtements sont bien rangés ? Des bêtises. J’ai désormais dépassé tout cela. » (Martina, 42 ans).

Ces expériences méritent d’être transmises pour amener à parler de cette question à la famille, aux amis et aux proches. Cela ne signifie pas tout divulguer sans considération pour sa famille et sans tenir compte de la facilité de l’entourage à comprendre. Il faut être ouvert et délicat avec chacun, pour parvenir à une plus grande honnêteté et acceptation.
Cette attitude renforce la situation des enfants comme celle des parents. Rester silencieux, devoir toujours faire attention, inventer des mensonges quand on pose des questions sur les enfants, exclure les compagnons des enfants du cercle familial, les accueillir le moins souvent possible sous son toit, tout cela demande beaucoup d’efforts et n’aide personne. Bien au contraire !

D’habitude, les parents sont surpris de voir combien de compréhension et de soutien ils rencontrent, et ils se rendent compte que beaucoup de craintes n’existaient que dans leur imagination, et s’évanouissent devant la réalité.

Les parents peuvent contribuer à améliorer l’ambiance, et la tolérance en général. Plus les personnes homosexuelles se montreront ensemble, avec naturel, dans leur famille, plus les préjugés disparaitront.

Il s’établit comme des réseaux d’amitié et de rencontre entre personnes homosexuelles et hétérosexuelles, qui s’estiment pour leurs qualités respectives et ne pensent pas continuellement à des relations sexuelles avec des personnes de l’autre sexe ‑ ou du même.

« Nul ne peut garantir une vie heureuse à aucun de nous, pas même aux personnes homosexuelles. Néanmoins il n’est pas nécessaire que celui qui subit des discriminations aujourd’hui soit malheureux à l’avenir ! Que de choses ont changé ces dernières années ! Actuellement, de nombreuses personnes homosexuelles se montrent telles qu’elles sont, sans être marginalisées.
D’habitude, les craintes demeurent des réminiscences infondées d’une époque beaucoup plus difficile pour les gays. Nous devrions certainement cesser de projeter le passé dans le futur.

Enfin, les personnes homosexuelles ne souffrent pas à cause de leurs choix, mais à cause du refus que les autres leur opposent. Combien de temps durera ce refus ? cela dépend de nous ! »(Silvia, dans : Un amour comme n’importe quel autre, de Grossmann).

Les homosexuels souffrent moins de leur orientation que du refus des autres…


Les personnes homosexuelles vieilliront-elles seules ?

Il existe une peur diffuse que les personnes homosexuelles se retrouvent seules quand l'âge viendra. Mais l’hétérosexualité, elle non plus, ne protège pas non plus d’une vieillesse solitaire.
Cette crainte se retrouve chez des personnes qui, pour quelque raison, vivent seules (malgré plusieurs mariages parfois).

La génération actuelle d’adultes, et surtout la suivante, celle des jeunes actuels, sont les premières qui vivent et à qui il est permis de vivre leur sexualité librement. Quel sera le résultat de ce genre de vie quand l’âge viendra ? Ce n’est guère prévisible.

Etant donné la nature confidentielle de notre sujet, les relations brèves entre homosexuels sont fréquentes, de sorte qu’ils accordent une grande importance à la jeunesse et à l’apparence physique.
Mais il existe aussi chez eux le désir de relations stables. Ils sentent le besoin d’un lien, d’un toit, d’une amitié, et pas seulement dans la vieillesse.

Plus grand est l’appui offert à une personne pour l’aider à se développer librement, plus l’homosexualité cesse d’être un tabou et est acceptée, et plus grande est la possibilité de trouver un style de vie satisfaisant, même dans la vieillesse.

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