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Que dit la Bible sur l'homosexualité ?
1. Quelle attitude avoir devant ces textes ?
Trois écueils fréquents sont à éviter :
-vouloir gommer ce que ces textes peuvent avoir de dur à entendre, pour n’entendre que ce qui nous arrange ou les conformer à la culture ambiante.
-vouloir forcer les textes pour voir des relations de type homosexuel là où cela ne correspond pas au sens de la Parole de Dieu.
-vouloir chercher tout ce qui est de l’ordre de la condamnation sans tenir compte du contexte culturel dans lesquels ces textes ont été écrits.
En d’autres termes, il nous faut faire preuve d’humilité devant la Parole de Dieu
2. Le contexte culturel
Resituer les textes n’est pas chercher à les priver de leur force mais simplement tenir compte que le monde a changé : aujourd’hui nous n’acceptons plus l’esclavage, nous ne lapidons plus les femmes adultères, la femme n’est plus considérée comme inférieure à l’homme, et nous mangeons du porc ou des crustacés sans commettre une infamie. Le verset du Lévitique si souvent cité « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme » est précédé de peu d’un autre qui dit « Tu ne prendras pas dans ton harem une femme en même temps que sa sœur »…. Nous sommes dans un autre monde.
L’idée même d’une orientation homosexuelle foncière est absolument absente de la Bible. Ce que nous en savons remonte seulement au XIXe siècle, à Freud notamment. Et les auteurs de l’Ecriture ne pouvaient concevoir des relations entre personnes du même sexe autrement que comme le simple assouvissement d’un désir physique. Une attirance homosexuelle, un amour homosexuel, tout cela n’était pas leur horizon. C'est une différence importance pour tout jugement moral.
3. Les textes de l’Ancien Testament.
A ‒ On cite généralement deux principaux passages, dont l’un vient du Lévitique :
"Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination" (Lv 18:22) et "Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux" (Lv 20:13).
Rentrant d’exil (où le mélange des populations, des croyances, des coutumes, des lois menaçaient les Hébreux), Israël a rédigé tout un Code de sainteté fait de règles de pureté, destiné avant tout aux lévites et aux prêtres et dont le but est d’éviter des confusions entre ce qui ne doit pas se mélanger. Le terme "abomination" fait référence à cette perte de pureté, plus encore qu’à une condamnation morale.
Jésus lui-même vient abolir ces règles de pureté : Jésus sauve ceux qui croient en lui, et non ceux qui pratiquent telle ou telle règle.
Quant à la condamnation à mort, elle s’adresse à tant de sujets (battre ses parents, par exemple) qu’elle était rarement appliquée : c’était une façon de signifier que la faute était grave.
Car il reste qu’un acte homosexuel n’est pas en soi conforme à l’ordre de la création puisqu’il ne transmet pas la vie et ne permet pas de « croître et de multiplier ». . Donc, en tant que tel, la loi morale ne saurait l’approuver. Nuançons : si le Catéchisme de l'Eglise Catholique qualifie bien ces actes de "désordonnés", elle ne traite pas la personne qui les commet de forcément "coupable" (voir l'article suivant : "Quel est le regard de l'Eglise sur l'homosexualité ?").
B- Le second passage invoqué est Sodome : (Gn 19)
Nous sommes tellement habitués à entendre parler de Sodome comme une condamnation de l’homosexualité qu’il est bon de vérifier avec sa Bible en main. « Tous les habitants de la ville, du plus grand jusqu’au dernier, depuis les enfants jusqu’aux vieux, tout le peuple sans exception » seraient-ils des violeurs homosexuels ? Allons donc ! D'ailleurs, Lot propose aux hommes de Sodome de violer ses filles...
En revanche, l'objet initial du texte est avant tout de condamner la transgression des traditions de l'hospitalité antiques, dont elle est un des piliers civilisationnels. Les Prophètes ne citent pas l’homosexualité quand ils parlent de Sodome. Et c’est également de transgression des lois de l'hospitalité qu'il est question lorsque Sodome est mentionnée dans l’évangile de Luc où Jésus évoque les villes qui n'accueilleraient pas les missionnaires.
4. Les 3 versets de saint Paul
1 Co 6,9 : «Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes (traduit aussi par efféminés)… n’hériteront du Royaume de Dieu. »
1 Tim 1, 10 : « La loi n’a pas été instituée pour le juste mais pour…. les impudiques, les homosexuels, les trafiquants d’hommes, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine. »
Ces deux textes citent toute une liste de péchés considérés comme rédhibitoires pour l’accès au Royaume de Dieu. Il est intéressant de constater que les uns et les autres n’ont rien à voir : les homosexuels sont au même niveau que les menteurs. Les actes homosexuels sont considérés comme gravissimes, offensant directement la Loi divine. Cet enseignement est parfaitement cohérent avec le judaïsme de cette époque. Aucune distinction liée à une question d’orientation sexuelle ou de circonstances dans l’acte posé n’est indiquée. C’est l’acte génital en lui-même qui est condamné.
Rm 1, 18-32 : … « Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leur égarement. »
Ici l’Apôtre veut illustrer la nature de l’impiété. Il utilise pour cela l’homosexualité, vice caractéristique des païens dans la tradition juive. S’appuyant sur le récit de la création, il établit le lien entre homosexualité et idolâtrie. Dans l’idolâtrie, l’homme est dominé par la créature qu’il adore, ne rendant pas au Créateur ce qui lui revient uniquement. Il se produit comme une inversion du projet divin initial, qui devait être manifesté entre autres par la différence sexuelle. Dans l’acte homosexuel, cette différenciation n’est pas prise en considération. C’est pourquoi il constitue la meilleure illustration possible pour Paul de l’impiété.
5. Il faut aller plus loin
Mais on aurait tort de s’en tenir là : le but de Paul n’est pas de condamner inexorablement le pécheur, son œuvre est un cri d’espérance et d’action de grâce : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. »
Dans la perspective du Royaume, toutes les différences actuelles disparaissent. Une seule identité compte, celle d’enfant de Dieu. Il est donc bon de revenir à cet essentiel que Paul nous rappelle : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. Vous tous, en effet, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; il n'y a plus ni esclave ni homme libre ; il n'y a plus ni homme ni femme : car vous n'êtes tous qu'une personne dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).
Et ce serait dénaturer la parole de la Bible sur l’homosexualité de ne pas la lire jusqu’au bout, et d’y voir une Loi sévère et non l’Amour miséricordieux d’un Dieu Sauveur.
L’Evangile dit de chacun de nous, qui que nous soyons, « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. » Car la Parole ultime de Dieu, la seule qu’il faille chercher dans l’Ecriture, c’est l’Amour, celui qui nous dit : « Si ton cœur te condamne, Dieu est plus grand que ton cœur. »
(1 Jn 3,20).
Pour aller plus loin
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Un lieu où consulter
Différents textes officiels de l'Eglise
Des articles intéressants de divers auteurs, comme :
Que penser des arguments scripturaires qui fondent la position officielle de l'Eglise sur l'homosexualité ?
Une bibliographie :
Les Documents de l'Eglise Catholique
Diverses réflexions sur Eglise et Homosexualité
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