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Avertissement : ce texte est uniquement fait de notes. Il sera mis en forme dans quelques jours.


L'aveugle-né

voir le monde sur le mode divin

Père Bernard-Marie Gefroy, 26 septembre 2010

(En écouter 5 mn en audio)


Voir, rencontrer l’aveugle, en faire un c° de route
La guérison de l'aveugle de naissance  peut-elle  nous apprendre quelque chose de nouveau ? Est-ce que ce qui arrive  à l'aveugle né est une expérience qui peut être utile, qui peut changer quelque chose dans notre vie?
Lire ma vie à la lumière de l’évangile, laisser l’évangile lire ma vie
(lire le texte)
En lisant d’abord le texte pour lui-même. Lectio ; personnages, situations, ambiance du texte…
Deuxième lecture : repérer les transformations de l’aveugle

Commentaire du texte de St Jean?
En passant, Jésus voit un aveugle de naissance.
Pourquoi est-il aveugle, demandent les disciples ? Jésus ne rentre pas dans une grande explication théologique mais dans une démonstration.
« Voyez cet aveugle ni  lui, ni  ses parents ont péché mais c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ».

Jésus nous invite à ouvrir nos yeux
Pour saisir et contempler les œuvres de Dieu dans son dessein bienveillant et cela sur chaque réalité humaine aussi souffrante soit-elle. Notre aveugle souffre d'une grande précarité et c'est à partir de cette grande précarité que Jésus va montrer les merveilles que Dieu est capable de réaliser dans la vie de cet homme, aussi misérable soit-il.
Exemple de Christophe à Château Thierry
Il y avait en Christophe plus qu’il n’y paraissait !

Recueillons-nous un instant !
Beaucoup pour se recueillir, ferment les yeux !
Pourquoi ferme-t-on les yeux pour prier ? Pourquoi quand nous nous mettons à prier, avons-nous l’impression de plonger en nous-même ? Il y a une profondeur en nous. Dans cette profondeur que nous visitons dans la prière, nous ne sommes pas plusieurs, nous sommes un et dans cette descente en nous-mêmes, nous faisons l’expérience de notre je profond et unifié. D’où l’expression se recueillir c'est-à-dire se rassembler, se réunifier intérieurement et le centre de nous même est dans cette profondeur dont nous faisons l’expérience quand nous prions.
Exemple du Roumain
L’aveugle-né dont il est question dans l’évangile de St Jean, est-il un homme de prière, saisit-il la profondeur qui est en lui,
Se vit-il uniquement à travers l’image que lui renvoient tous les autres
à savoir « tu es mendiant, aveugle-né. Ton étiquette, c’est «  aveugle-né », obligé de mendier pour survivre, on sait où tu te places habituellement, devant la porte du temple, ce temple où tu ne peux entrer parce ni les aveugles, ni les lépreux, ni les estropiés ne peuvent entrer dans le temple. C’est comme cela que nous te voyons et surtout ne change pas et ne nous contredit pas».
Or Jésus,
 sortant du temple, ne le voit pas comme cela. Comment le voit-il ? Comme celui qui va manifester les œuvres de Dieu.
 Nous sommes très intéressés. Peut-être que l’œuvre de Dieu en lui, en fait ce que fera Jésus pour lui,  nous mettra sur la piste des œuvres de Dieu en nous.
En prendre conscience pour mieux le laisser faire !
Comment Jésus réalise les œuvres de Dieu en moi ? Comment me regarde-t-il ? Peut-être m’espère-t-il ? C'est-à-dire qu’il veut m’attirer vers le haut, vers plus d’humanité, de liberté et d’autonomie. Alors oui, je veux bien engager ma liberté pour être moi aussi acteur dans cette croissance, dans cette transformation où j’habite de plus en plus mon humanité, où je rejoins de plus en plus ce que je suis vraiment.
Peut-être aussi, veut-il, que par cette œuvre de Dieu en moi, je puisse changer mon regard sur les autres.
C’est donc la prise de conscience que ma vie est un chemin d’humanité et de fraternité dans la mesure où j’accueille son regard d’espérance sur moi.
Pourquoi nous laisser regarder par Jésus qui nous rencontre dans la profondeur de notre être ? Parce qu’il nous veut du bien et qu’il va prononcer une parole de vie, une bénédiction. Il nous sait enfermés dans des cases, il nous sait affubler d’étiquettes, aveugle-né par exemple. Il nous veut libre, acteur de notre vie, capable de dire je en toute vérité, en toute liberté, dans la profondeur de notre être, là même où nous nous recueillons, où nous nous unifions intérieurement.

Ca s’est passé bizarrement pour l’aveugle-né.
 Est-il aveugle jusque dans sa vie intérieure ?
 Bien sûr que non.
Tout ira vite avec Jésus. Pour que soient révélées toutes ses richesses intérieures, il manquait cette rencontre décisive qui va mettre en lumière ce qu’il est réellement.
Mais avant cela un geste étrange : de la boue sur les yeux de cette aveugle comme si Dieu lui rajoutait de la cécité sur sa première cécité. C’est comme une nouvelle création mais qui passe par une nuit encore plus épaisse.
 Nous aussi, nous pouvons fermer les yeux et nous laisser façonner un nouveau regard, un regard tourné plus vers les profondeurs de notre être, invitation donc à plonger en nous. Au fond de notre être, dans l’intime, nous rencontrons Dieu.
L’Esprit nous conduit au plus profond de nous-mêmes. Prenons le risque de croire en la rencontre avec Jésus. Laissons-nous regarder par le Christ.
Quels sont nos lieux d'aveuglement? Quels sont les lieux où manque la « claire-voyance »  dans  notre propre vie ? Voulons-nous accepter de nous reconnaître en souffrance, en demande, voulons nous  mieux voir, voir autrement ?
L’être humain que nous sommes ne se suffit pas à lui-même, il est en attente d’une rencontre, celle du Christ. Avons-nous la simplicité de nous laisser regarder par le Christ comme l’aveugle ? Nous laisser regarder dans toute la profondeur de notre vie intérieure. Une chose est la vie psychologique et autre chose la vie intérieure. La vie intérieure, c’est la vie de l’Esprit sanctifiant notre vie psychologique. Il y a un plus, un au-delà, une transcendance. Dans l’Esprit Saint, notre être est librement et consciemment relié à la source de tout amour, cet amour d’où nous venons, cet amour dont nous sommes pétris, cet amour vers lequel nous allons.
Dans le regard du Christ sur nous accueillir l’Esprit.
Plus encore non seulement nous sommes invités à nous laisser regarder profondément par le Christ mais  également à nous laisser toucher par Jésus. Comme l’aveugle de naissance, qui se laisse toucher par le Christ, nous voulons nous laisser guérir par le Christ, non seulement par le regard, par la parole mais aussi par le toucher. La voix et le toucher sont très importants pour les aveugles que nous sommes. Le toucher surtout. C’est le sens de l’amour qui implique la proximité, la présence et la tendresse. Jésus  met sur nos yeux de la boue qui est celle de la création renouvelée et nous demande d'aller sur le chemin de la construction de notre vie humaine.
Christ nous regarde nous touche, rajoute de la cécité à notre propre cécité pour que nous allions chercher l'essentiel et que nous puissions construire sur le roc.
Vouloir guérir pour grandir, c’est la démarche de l’aveugle qui va être envoyé par Jésus à la piscine de Siloé. En pèlerinage à Jérusalem, j’ai fait le chemin, du temple à la piscine, c’est un long chemin semé d’embûches. Le faire, sans rien voir, c’est prodigieux.
Prenons le risque sur une parole du Christ de partir. Risquons notre parole sur la parole  du Christ. Ce n’est pas le seul risque que nous prenons.
 Comme l’ex-aveugle guéri et fortifié, nous prenons aussi le risque du témoignage et de la confrontation.
L’ex-aveugle est convoqué par les autorités religieuses qui lui posent une question : qui est celui qui t’a ouvert les yeux. Réponse : « écoutez, vous les hommes de la foi, les hommes religieux, vous voulez savoir ce que je dis de celui qui m’a ouvert les yeux ? Le voulez-vous vraiment ? »
« Maintenant que vous me posez la question, une réponse me vient. Je n’y avais pas pensé auparavant. A mon avis, c’est un prophète. Chouraqui traduit c’est un inspiré. (plus que l’inspiration des artistes, il s’agit du Souffle même de Dieu). C’est comme s’il disait «  ce qui s’est passé entre lui et moi, c’est de la vie, de la vie qui vient de Dieu ».
Il est en train de devenir croyant.
Dans la deuxième rencontre avec Jésus après tous les risques qu’il a pris, l’ex-aveugle va aller encore plus loin dans la foi. Jésus a su qu’il avait été exclu par les autorités religieuses. L’ex aveugle va enfin voir Jésus de ses yeux de chair.
Jésus lui demande : « crois-tu au Fils de l’homme? »
Crois tu que Dieu peut réaliser en toi les promesses d’un monde nouveau ? Croyons nous que Dieu peut réaliser en nous un monde nouveau, pacifié, heureux.
Croyons-nous qu’à travers nous se réalise déjà ce monde nouveau ?
L’ex-aveugle ne répond pas tout de suite. Qui est-il, Seigneur que je crois en lui ?
Le Fils de l’homme, c’est celui qui vient changer ta vie, te faire devenir sujet de ta vie, de ta foi. Il se prosterna devant lui
Nous aussi prosternons nous devant lui.
Que Dieu nous donne la grâce de dire, tout au long de votre vie, « nous l’avons vu », « c’est celui qui parle dans nos vies, dans notre Eglise ».
L’aveugle né voit, plus encore il croit. Quand il dit « je crois », il n’est pas simplement en train de dire : « voilà ce qui m’est arrivé, je ne voyais pas et maintenant je vois ». Maintenant, il a la joie de croire et de voir. Il est en train tranquillement de s’installer dans le cœur de sa vie intérieure. Il voit sur le mode du divin.
Voir la vie quotidienne sur le mode divin, c’est ça la clef de la vie chrétienne.
Qu'est-ce que la vie en Christ sinon dans la joie et la peine ce va et vient entre le quotidien, les choses à faire et cette attention à ce mystère d'amour dont nous sommes pétris vers lequel nous allons ?
Deux axes pour grandir.
La vie de tous les jours, ce que nous vivons dans notre vie familiale, avec nos proches, dans notre vie professionnelle, caritative, missionnaire. Je suis plus que l’image que l’on me renvoie, je n’ai pas à me laisser enfermer dans une case, coller une étiquette sur le front, par exemple aveugle-né.
Ma vie  est reliée à Dieu qui me veut libre et dans ce mystère d’amour dont je suis pétri, j’accueille ma vraie stature. Le Christ me regarde, plus encore il me touche. Dans tous les risques que je prends sur sa parole, il me transforme, me donne l’assurance, l’estime de moi. Il me rend fécond. N’ayons pas peur de voir le monde sur le mode divin pour entrer dans une fécondité, celle du Seigneur.