Retour sur notre week end des Rameaux

Le rendez-vous national traditionnel, la fête les Rameaux à l’abbaye bénédictine de Solesmes.

Cette année, du 7 au 9 avril 2017, le frère dominicain et exégète Philippe Lefebvre proposait une interprétation originale de l’épisode biblique de Sodome et Gomorrhe: « Acceptation et accueil de l’autre : ‘Dieux anges arrivèrent à Sodome’ (Gn 19, 1) ».
Des extraits de ses interventions peuvent être écoutés sur la page Documents.

« nous y avons jeté le sel pour nous défaire de tout ce qui pouvait nous figer… »

 

FRANCOISE ET GUY

Comme chaque année depuis plus de vingt ans, les membres de l’association DUEC se sont retrouvés à l’abbaye de Solesmes dans la Sarthe pour un grand moment de partage et de convivialité durant le week-end des Rameaux. Pour nous parents, c’était la première fois que nous participions à cette rencontre. Nous étions environ quatre-vingts, venant de toutes les régions de France et quelques-uns de plus loin. Ces deux jours permettent à tous des retrouvailles et de belles nouvelles rencontres.
Le thème du week-end était « L’accueil et l’acceptation de l’autre ». C’est le père Philippe Lefebvre, dominicain bibliste et enseignant d’Ancien Testament à la faculté de théologie de l’université de Fribourg qui nous a apporté un enseignement vivant et plein d’humour en partant du texte choisi pour réflexion : « Deux anges arrivèrent à Sodome (Gn 19, 1) » ainsi que de nombreux textes de l’Ancien Testament que, par la même occasion, il nous a donné très envie de lire ou relire.
Un des temps forts a été la veillée du samedi soir durant laquelle chacun a été appelé à noter sur un papier un fardeau dont il voulait se décharger et à recevoir une poignée de sel avant de partir dans la nuit pour découvrir les différentes étapes d’un cheminement : d’abord dirigés vers le bord de la Sarthe, nous y avons jeté le sel pour nous défaire de tout ce qui pouvait nous figer, comme la femme de Lot qui avait trop regardé en arrière vers le passé. Ensuite nous avons marché vers un grand feu et y avons été accueillis à bras ouverts par le père Philippe qui nous a invité à jeter notre papier/fardeau dans le feu, et enfin nous avons été dirigés vers le groupe de tous ceux qui nous avaient précédés qui nous ont accueillis par des paroles et des gestes de bienvenue. Quels beaux symboles !
Si nous avions pu penser au départ qu’en tant que parents, nous n’avions pas vraiment notre place dans le groupe, nous avons vite eu l’occasion de nous rendre compte, par les questions et les dialogues avec les uns et les autres, combien il était important de témoigner de ce que nous avons vécu et ressenti lorsque notre fils nous a parlé de son homosexualité et quelle pouvait être la réaction de parents. Nous étions en plein dans le thème de l’accueil et de l’acceptation de l’autre ! Nous avons beaucoup apprécié l’ambiance détendue et tous ces échanges qui ont eu lieu dans un vrai climat de simplicité, de bienveillance et de confiance. Nous sommes repartis avec beaucoup de joie d’avoir été présents lors de ces beaux moments.

 

« il s’agissait de quitter l’ombre pour la lumière, de ne pas se retourner … »

PIERRE

Il était un peu plus de 19h quand les Brestois sont arrivés sur le pont de Solesmes enjambant la Sarthe. Sur le ciel bleu se détachait la masse imposante de l’abbaye. Peu après, nous étions à la Marbrerie pour le repas. Les instructions sur le déroulement du week-end données, un moment spirituel nous permit d’entrer, sous la direction de Pierre et de Sylvain, dans la spiritualité de ce temps des Rameaux.
Le samedi matin, après un temps spirituel, nous eûmes la joie d’accueillir le père Philippe Lefebvre. Le thème proposé pour le week-end était : « Acceptation et accueil de l’autre : ‘Deux anges arrivèrent à Sodome’ (Gn 19, 1) ». Le savant bibliste qui sut toujours faire preuve d’humour organisa son propos en deux temps : accueil / alliance et accueil / combat. Le propos se fonda notamment sur l’Ancien Testament et, parmi d’autres exemples, je fus vivement intéressé par ce qui fut dit sur l’accueil de Sarah et d’Abraham. À cet exposé succéda un temps de partage : 10 groupes de 8 à 9 personnes s’éparpillèrent dans les différents espaces de la Marbrerie. Chacun s’exprima et deux questions furent transmises par chaque groupe à la collectivité. Après le repas, le groupe en son entier se dirigea vers l’église de Juigné-sur-Sarthe : une certaine distance de rigueur permettait au cheminement de se faire en silence et de s’ouvrir à la méditation. A Juigné, quatre prêtres (un de l’abbaye, deux de La Flèche et le père Lefebvre) attendaient ceux qui voulaient recevoir le sacrement de réconciliation. Après une halte de silence dans l’église, le retour se fit en suivant les bords de la Sarthe. Apéritif et repas nous attendaient. La veillée fut exceptionnelle. Un chemin religieux était prévu : il s’agissait de quitter l’ombre pour la lumière, de ne pas se retourner : « Or la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel ». Chacun reçut d’Yves un peu de sel. Invités à le jeter dans les eaux de la Sarthe, tous quittaient en silence la nuit pour rejoindre la lumière. Une feuille de papier sur laquelle avaient été inscrites nos peurs fut, après l’accolade du père Philippe, brûlée dans un grand feu. Alors chacun fut reçu dans la communauté. Au retour à la Marbrerie, un temps fut consacré à l’adoration du Saint Sacrement.
Le dimanche commença par un temps spirituel. Puis l’on se dirigea, soit vers l’église du village de Solesmes, soit vers l’abbaye, pour suivre et participer à la messe des Rameaux. À l’abbaye, le Père Abbé bénit les rameaux de buis puis, après une procession dans les jardins, les fidèles entendirent deux heures et demie de chant grégorien. Après le repas et l’envoi-conclusion du père Philippe, sonna déjà l’heure des départs. Comme l’avait dit peu avant le vice-président Jean-Philippe : « Chaque instant est à savourer ». Ce fut certainement le cas pour tous ceux qui rejoignaient les divers pays de France.